DROIT DES AFFAIRES : L’ASSOCIATION VERBALE , UN RISQUE SILENCIEUX POUR LES JEUNES ENTREPRENEURS
Dans l’écosystème entrepreneurial congolais, de nombreux jeunes choisissent de lancer leurs activités en s’associant avec des amis, des membres de la famille ou de simples connaissances. Très souvent, cette collaboration repose sur une entente verbale, une promesse, une poignée de main, ou un accord informel conclu autour d’une discussion.
Si cette pratique est courante, elle constitue néanmoins une véritable source d’insécurité juridique.
En effet, en l’absence d’un accord écrit, il devient difficile de prouver l’existence même de l’association, ainsi que les engagements respectifs de chaque partenaire. Qui a apporté le capital ? Qui est chargé de la gestion ? Comment les bénéfices doivent-ils être partagés ? Que se passe-t-il si l’un des associés décide de se retirer ? Autant de questions essentielles qui, sans formalisation préalable, peuvent rapidement donner lieu à des conflits.
Dans plusieurs cas, des projets prometteurs ont été abandonnés non pas en raison d’un manque de rentabilité, mais à la suite de désaccords internes entre associés incapables de démontrer ce qui avait été convenu au départ. L’association verbale expose ainsi les entrepreneurs à des pertes financières, à la rupture des relations professionnelles, voire à des litiges judiciaires difficiles à trancher.
La rédaction d’un contrat de partenariat permet pourtant de prévenir ces situations. Ce document fixe de manière claire les apports de chaque associé, leurs rôles dans la gestion de l’entreprise, les modalités de partage des bénéfices et les conditions de sortie de l’un des partenaires. Il constitue une preuve juridique en cas de différend et renforce la stabilité de l’activité.
Ainsi, loin d’être une formalité inutile, la formalisation écrite de toute association entrepreneuriale apparaît comme une nécessité. En matière d’affaires, la confiance est précieuse, mais seule une convention écrite peut garantir la sécurité et la pérennité d’un projet commun.
Enock KATUMBI

