RDC : QUELLE PLACE POUR LES FEMMES DANS LA FONCTION PUBLIQUE ET LE SECTEUR PRIVÉ
À l’occasion du mois dédié aux droits des femmes, la question de leur représentativité dans les sphères de décision en République démocratique du Congo reste au cœur des débats. Si les femmes jouent un rôle majeur dans l’économie nationale, leur présence dans la haute administration publique et les postes de responsabilité demeure encore limitée, malgré certaines avancées enregistrées ces dernières années.
Dans la fonction publique, les statistiques illustrent un déséquilibre persistant. Sur les 69 secrétaires généraux récemment nommés au sein des ministères et institutions de l’État, seulement 11 sont des femmes, soit environ 16 % des postes. Une proportion qui, pour plusieurs observateurs, reste loin des ambitions affichées en matière de promotion de l’égalité de genre dans la gestion de l’administration publique.La situation n’est guère différente dans d’autres institutions publiques où la représentation féminine demeure faible, notamment dans les postes de direction des entreprises publiques, les institutions judiciaires ou encore les forces de sécurité. De manière générale, plus l’on progresse dans la hiérarchie administrative, plus la présence des femmes tend à diminuer.
Dans le secteur privé, la tendance est également contrastée. Si les femmes sont très actives dans l’économie congolaise, notamment dans l’entrepreneuriat et les activités commerciales, elles restent sous-représentées dans les postes de direction des entreprises formelles. Plusieurs facteurs sont souvent évoqués pour expliquer cette situation, notamment l’accès limité au financement, les contraintes sociales et les obstacles structurels à la progression professionnelle.
Malgré ces défis, certaines évolutions sont perceptibles. La présence des femmes au sein du gouvernement a progressivement augmenté ces dernières années, et les autorités ont annoncé leur volonté de promouvoir davantage l’accès des femmes aux postes de responsabilité au sein de l’administration publique.
Pour de nombreux acteurs de la société civile, l’enjeu consiste désormais à transformer ces engagements en résultats concrets afin de renforcer la participation des femmes dans la gouvernance économique et institutionnelle du pays.
Enock KATUMBI

